
Vingt-neuf ans après sa disparition, le nom de Mobutu Sese Seko demeure profondément ancré dans la mémoire collective congolaise. Mort le 7 septembre 1997 à Rabat, au Maroc, à l’âge de 66 ans, l’ancien président zaïrois aura marqué de son empreinte plus de trois décennies de l’histoire politique du pays.
Né Joseph-Désiré Mobutu, il accède au pouvoir le 24 novembre 1965, à la faveur d’un coup d’État. Il s’impose progressivement comme l’homme fort du Congo, qu’il rebaptise Zaïre en 1971. Son régime est notamment caractérisé par la politique de « l’authenticité », le culte de la personnalité et une forte centralisation du pouvoir.
Pendant près de 32 ans, le Maréchal devient le visage du pays, aussi bien sur la scène nationale qu’internationale. De la tenue en abacost aux symboles de la zaïrianisation, en passant par le fameux bonnet en peau de léopard, son époque aura profondément transformé l’image politique et culturelle du pays.

Mais la fin de son règne intervient dans un contexte de crise. Affaibli par des années de tensions politiques et économiques, le régime de Mobutu est finalement renversé en mai 1997 par l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL), dirigée par Laurent-Désiré Kabila et soutenue notamment par le Rwanda et l’Ouganda.
Le 16 mai 1997, Mobutu quitte Kinshasa alors que les forces de l’AFDL progressent vers la capitale. Il prend le chemin de l’exil, d’abord au Togo, avant de rejoindre le Maroc, où il passe les derniers mois de sa vie.
Le 7 septembre 1997, le « Léopard de Kinshasa » s’éteint à Rabat des suites d’un cancer de la prostate. Il est alors âgé de 66 ans.
De Gbadolite à Kinshasa, puis de Kinshasa à Rabat, son parcours raconte à lui seul une longue page de l’histoire congolaise. Près de trois décennies après sa mort, son héritage continue de susciter des lectures profondément contrastées. Pour certains, Mobutu reste associé à une période de stabilité, à l’unité nationale et au rayonnement international du Zaïre. Pour d’autres, son règne demeure synonyme d’autoritarisme, de répression politique, de corruption et de déclin économique.
Vingt-neuf ans après sa disparition, le débat sur Mobutu reste donc loin d’être clos. Entre nostalgie d’une époque révolue et condamnation d’un système politique, la mémoire du Maréchal demeure une question sensible dans l’histoire contemporaine de la République démocratique du Congo.
Marlaine KANKU