
L’opposant congolais Delly Sesanga est revenu sur son passé au sein de la lutte armée, assumant pleinement les choix qu’il dit avoir faits dans le contexte politique de l’époque.
Dans une déclaration, il affirme avoir pris part à la lutte armée contre un gouvernement qu’il considérait comme illégitime, tout en estimant que cette expérience ne constitue pas, à ses yeux, une raison de renier son passé.
« J’assume mon histoire. J’ai fait la lutte armée contre un gouvernement qui était illégitime, et j’assume toujours ce choix, je le referais », a-t-il déclaré.
Delly Sesanga soutient par ailleurs que cette lutte a contribué au processus ayant conduit à l’adoption d’une nouvelle Constitution en République démocratique du Congo. Pour illustrer son propos, il établit un parallèle avec Nelson Mandela et la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud, estimant que le recours aux armes peut, selon les circonstances, intervenir face à un système jugé injuste.
L’ancien député dénonce également ce qu’il considère comme un traitement à deux poids deux mesures concernant les personnalités congolaises ayant un passé lié à des mouvements armés. Il cite notamment Jean-Pierre Bemba, Lambert Mende et Émile Ngoy Kasongo, estimant que leur passé respectif est moins souvent évoqué dans le débat public.
Sesanga évoque également le parcours politique d’Étienne Tshisekedi, notamment ses rapprochements avec d’anciens mouvements rebelles, pour dénoncer ce qu’il qualifie de contradictions dans les critiques qui lui sont adressées.
Sur les accusations éventuelles de crimes commis durant cette période, Delly Sesanga rejette toute mise en cause en dehors d’une procédure judiciaire. Il affirme qu’aucune preuve ne permet, selon lui, de l’établir comme responsable de la mort de personnes.
« Vous n’êtes ni procureur ni juge, ne vous posez pas en tant que tel », a-t-il lancé, appelant à l’instauration d’une juridiction indépendante et impartiale pour établir d’éventuelles responsabilités.
Ces déclarations relancent ainsi le débat sur les parcours des acteurs politiques congolais issus des anciennes rébellions et leur responsabilité dans les événements des années de conflits armés en RDC.
Rédaction