
Au lendemain de la mobilisation du 15 septembre à Kinshasa, l’opposant Martin Fayulu revient sur l’un des points qui cristallisent le débat autour du dialogue national annoncé par le président Félix Tshisekedi : la participation de l’AFC/M23.
Le président de l’ECiDé défend à nouveau l’idée d’un « véritable dialogue national inclusif et souverain », estimant que les acteurs impliqués dans la crise sécuritaire doivent pouvoir être associés aux discussions consacrées à ses causes profondes. Cette position avait déjà été exprimée par Fayulu le 7 septembre sur Radio Okapi.
« Pourquoi négocier avec l’AFC/M23 à Doha ? »
Martin Fayulu s’interroge notamment sur la distinction opérée entre le processus de Doha et le dialogue national à Kinshasa.
« Pourquoi négocier avec l’AFC/M23 à Doha, mais refuser de parler avec eux à Kinshasa ? », avait-il déclaré le 7 septembre, contestant ainsi le format retenu par le pouvoir.
L’opposant avait également affirmé qu’il ne fallait exclure ni Joseph Kabila, ni l’AFC, ni le M23 d’un éventuel processus national.
Kinshasa maintient sa ligne
De son côté, Félix Tshisekedi a clairement établi une distinction entre les deux processus. Dans son adresse à la Nation du 27 août, le chef de l’État a indiqué que les groupes qui combattent par les armes l’ordre constitutionnel ne pourraient pas participer au dialogue national dans ces conditions.
Le président congolais considère par ailleurs que Doha reste le cadre destiné aux discussions directement liées au conflit avec l’AFC/M23, notamment la cessation des hostilités, le désengagement, le cantonnement et le désarmement.
Cette ligne a également été défendue par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, qui estime que la question de l’AFC/M23 relève du processus de Doha, tandis que le dialogue national doit rester un cadre entre acteurs congolais.
Un désaccord persistant sur le format du dialogue
Le débat oppose donc deux approches : Fayulu réclame une inclusion plus large des acteurs liés à la crise, tandis que le pouvoir distingue le dialogue national du processus de paix de Doha.
Après la marche du 15 septembre, organisée notamment autour du refus d’une modification de la Constitution, cette question demeure au cœur des divergences entre l’opposition et le pouvoir.
Rédaction