
Le géant américain de la technologie Google a été condamné ce lundi à une amende de 403 millions d’euros par la Commission irlandaise de protection des données (DPC), pour des manquements aux règles européennes de protection des données personnelles, notamment en matière de géolocalisation.
Il s’agit de la quatrième plus importante amende jamais infligée par la DPC, l’autorité irlandaise chargée notamment de superviser Google au niveau européen en raison de la présence à Dublin du siège européen du groupe.
La procédure trouve son origine dans des plaintes déposées il y a près de huit ans par des associations de consommateurs. L’enquête, officiellement ouverte en février 2020, porte sur les pratiques de Google entre 2018 et 2020, concernant notamment les fonctionnalités « Activité sur le Web », « Historique des positions » et « Précision de la localisation ».
Selon le commissaire de la DPC, Graham Doyle, les utilisateurs pouvaient ne pas comprendre clairement que leurs données de localisation étaient susceptibles d’être exploitées pour leur proposer des publicités ciblées ou pour déduire certains de leurs centres d’intérêt.
L’autorité estime ainsi que ces pratiques ont porté atteinte au contrôle exercé par les utilisateurs sur leurs données personnelles, considérées comme particulièrement sensibles lorsqu’elles permettent de déterminer la localisation d’une personne.
La DPC accorde désormais à Google un délai de six mois pour se mettre en conformité avec les exigences réglementaires.
De son côté, Google conteste la portée actuelle de la décision et affirme qu’elle concerne des « règles historiques ». Le groupe assure également avoir « considérablement fait évoluer ses pratiques » depuis 2019.
Cette nouvelle sanction illustre le contrôle croissant exercé par les autorités européennes sur les pratiques des grandes entreprises technologiques en matière de collecte, d’utilisation et de protection des données personnelles.
Rédaction