
Le secteur de l’enseignement supérieur est désormais au cœur du bras de fer entre Kinshasa et l’AFC-M23 dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Dans une circulaire datée du 22 septembre, l’administration de l’AFC-M23 a fixé au 15 octobre prochain la rentrée académique 2026-2027 dans les zones qu’elle contrôle. Elle affirme également avoir procédé à un contrôle de viabilité des établissements, à l’issue duquel 33 établissements seraient autorisés à fonctionner normalement, tandis que 80 autres, déclarés « non viables », devraient présenter un plan de redressement.
Cette initiative intervient alors que le gouvernement congolais avait, de son côté, suspendu jusqu’à nouvel ordre les activités académiques et para-académiques dans 11 établissements publics de Goma et Bukavu. La mesure, prise le 20 août, concerne notamment les inscriptions, les enseignements, les évaluations et les délibérations. Kinshasa invoque notamment la situation sécuritaire et la nécessité de préserver la régularité des cursus ainsi que la valeur des diplômes délivrés en RDC.

Le conflit institutionnel s’était déjà intensifié après l’annonce, par l’AFC-M23, de la nomination de nouveaux animateurs à la tête de plusieurs établissements universitaires situés dans les zones sous son contrôle. Des étudiants de Goma et Bukavu ont depuis demandé l’annulation ou le report de la suspension décidée par Kinshasa, estimant que cette situation compromet leur formation et leur avenir académique.
La bataille autour de la gestion des universités risque ainsi de prolonger l’incertitude pour des milliers d’étudiants et de membres du personnel universitaire dans les deux provinces.
À ce stade, les accusations selon lesquelles les mesures prises par l’AFC-M23 viseraient spécifiquement à détourner les frais académiques pour financer l’effort de guerre ne sont pas étayées par les sources consultées.
Rédaction