
La Cour pénale internationale (CPI) a reconnu coupable ce mercredi l’ancien commandant rebelle centrafricain Mahamat Saïd Abdel Kani de plusieurs crimes contre l’humanité commis à Bangui en 2013, en pleine guerre civile en République centrafricaine.
Âgé de 56 ans, Mahamat Saïd a été reconnu coupable de quatre chefs d’accusation, notamment de torture et d’emprisonnement ou de privation grave de liberté.
Selon les éléments retenus par la Cour, il dirigeait à l’époque l’Office central de répression du banditisme (OCRB), qui aurait notamment servi de lieu de détention où des prisonniers étaient soumis à des traitements particulièrement violents.
Des détenus auraient été ligotés dans des positions douloureuses, frappés avec des cordes et des fouets et détenus dans des conditions jugées inhumaines. Certains auraient été enfermés dans une cellule souterraine exiguë, insalubre et dépourvue de sanitaires.
Trois chefs de crimes de guerre écartés
La CPI a toutefois acquitté Mahamat Saïd des trois chefs de crimes de guerre qui lui étaient reprochés.
La juridiction doit désormais déterminer la peine qui lui sera infligée. Celle-ci fera l’objet d’une décision ultérieure.
Un procès lié au conflit de 2013
Mahamat Saïd était présenté comme l’un des commandants de la Séléka, coalition rebelle ayant renversé le président François Bozizé en 2013. Cette prise de pouvoir avait contribué à l’escalade des violences et à l’émergence des groupes anti-Balaka.
Le conflit centrafricain a entraîné des milliers de morts et le déplacement de centaines de milliers de personnes.
Le verdict rendu contre Mahamat Saïd constitue ainsi une nouvelle étape dans les procédures judiciaires liées aux crimes commis durant cette période, après les condamnations de deux anciens responsables anti-Balaka, Patrice-Édouard Ngaïssona et Alfred Yekatom.
Rédaction