La République démocratique du Congo veut désormais peser davantage dans la chaîne mondiale de valeur des minerais critiques. À la tribune des Nations Unies, la Première ministre Judith Suminwa a placé la transformation locale des ressources minières au cœur de son plaidoyer.
La cheffe du gouvernement congolais a rappelé le rôle stratégique de la RDC dans la transition énergétique mondiale, notamment grâce à ses importantes ressources en cobalt et en cuivre. Selon les Nations Unies, la RDC fournit à elle seule plus de 70 % du cobalt mondial, un minerai essentiel à de nombreuses batteries rechargeables.
Judith Suminwa a défendu l’idée d’une rupture avec le modèle fondé essentiellement sur l’exportation des matières premières. Kinshasa entend favoriser davantage de transformation sur le territoire national, notamment à travers la production de précurseurs de batteries et le développement d’une expertise industrielle congolaise.
La Première ministre a également placé la question sociale au centre de cette stratégie, avec l’ambition affichée d’atteindre « zéro enfant dans les mines ». L’objectif est de promouvoir des chaînes d’approvisionnement davantage traçables, responsables et respectueuses des droits humains.
Cette orientation rejoint les préoccupations exprimées récemment par les Nations Unies, qui alertent sur le risque de voir les pays riches en minerais critiques rester cantonnés à l’exportation de ressources brutes, tandis qu’une grande partie de la valeur ajoutée est créée ailleurs.
Kinshasa propose ainsi la mise en place d’un cadre international associant notamment l’ONU et l’Union africaine afin de favoriser des chaînes de valeur plus équitables, traçables et résilientes.
À New York, le message congolais s’inscrit donc dans un débat international plus large : comment faire des minerais indispensables à la transition énergétique non seulement une richesse stratégique pour les marchés mondiaux, mais également un véritable levier d’industrialisation et de développement pour les pays producteurs .
Rédaction