
Les conducteurs de taxi-motos de la ville de Kindu ont observé, ce lundi 5 octobre 2026, une journée « ville sans moto » pour exprimer leur mécontentement face aux difficultés rencontrées dans l’exercice de leur profession. Cette mobilisation a entraîné une paralysie partielle du transport par motos dans plusieurs quartiers de la ville.
Selon les manifestants, cette action vise notamment à dénoncer la multiplicité des taxes imposées par le gouvernement provincial, l’insécurité grandissante ainsi que les tracasseries dont ils affirment être victimes de la part des éléments de la Police de circulation routière, PCR. Ils estiment également que les sommes perçues auprès d’eux ne se traduisent pas par des réalisations concrètes en leur faveur.
Réagissant à cette mobilisation, l’ONG Haki za Binadamu, par l’entremise de son secrétaire exécutif Raphaël Upelele Lokenga, a salué l’unité affichée par les conducteurs de taxi-motos. Cet activiste des droits humains rappelle que les droits doivent être revendiqués et a, par la même occasion, appelé à l’indemnisation de la famille de la victime tuée par un militaire. Il a présenté ses condoléances aux proches du défunt et insisté sur la nécessité d’une réparation en leur faveur.
De son côté, un usager de la route interrogé par notre rédaction a appelé le gouverneur de province ainsi que les services concernés à répondre dans l’urgence aux revendications des conducteurs de taxi-motos. Il estime que la paralysie du transport affecte directement la population, contrainte de subir les conséquences de cette situation dans ses déplacements quotidiens.
Cet usager a également exhorté le gouvernement provincial à mettre en place des bus destinés au transport en commun afin de faciliter la mobilité des habitants de Kindu et de réduire l’impact de telles perturbations. Pour leur part, les conducteurs de taxi-motos affirment être déterminés à poursuivre leur démarche, estimant que leurs droits sont depuis longtemps piétinés par certains acteurs politiques et par la Police de circulation routière.
Les motards réclament enfin l’amélioration de leurs conditions de travail et exigent le départ sans délai ni condition du colonel Yalu Kalumwendo, responsable de la PCR. Ils lui reprochent de percevoir depuis plusieurs années différentes taxes et autres sommes auprès des conducteurs, sans, selon eux, présenter de réalisations concrètes en faveur des contribuables. Les conducteurs appellent ainsi les autorités à prendre en compte leurs revendications afin de trouver une issue à cette situation.
Héritier Mutuza