
Washington hausse le ton face à Kigali. Les États-Unis demandent au Rwanda de respecter ses engagements pris dans le cadre de l’accord de paix conclu avec la République démocratique du Congo sous médiation américaine.
Les 2 et 3 octobre 2026, le Département d’État américain a convoqué l’ambassadrice du Rwanda à Washington, Mathilde Mukantabana. Au cours de cet échange, le Secrétaire d’État adjoint chargé des Affaires africaines, Frank Garcia, aurait rappelé à Kigali ses obligations découlant des accords de Washington, notamment la nécessité de mettre fin à tout soutien au M23 et de procéder au retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Cette mise au point intervient dans un contexte régional toujours marqué par les tensions dans l’Est de la RDC. L’accord de paix signé à Washington en juin 2025 prévoit notamment, côté congolais, des mesures contre les FDLR, ainsi que la levée des mesures de défense invoquées par Kigali, impliquant le retrait des troupes rwandaises du territoire de la RDC.
La pression diplomatique américaine s’est également accompagnée d’un rappel à l’ordre au niveau des Nations unies. À New York, le Conseil de sécurité a appelé à la mise en œuvre intégrale, immédiate et inconditionnelle de la résolution 2773, qui demande notamment le retrait des forces rwandaises du territoire congolais.
Autre élément notable dans ce dossier : Kigali aurait reconnu, par la voix de son ambassadrice, l’existence d’une « coordination sécuritaire » avec l’AFC/M23. Une déclaration qui intervient après plusieurs années de dénégations concernant l’ampleur des relations entre les autorités rwandaises et la rébellion active dans l’Est de la RDC.
À travers ces différentes prises de position, Washington et les Nations unies accentuent ainsi la pression diplomatique sur Kigali, alors que la mise en œuvre des engagements de paix demeure au centre des efforts visant à mettre fin durablement aux violences dans l’Est congolais.
Rédaction