
L’initiative de certains acteurs de l’opposition visant à jouer les médiateurs entre Joseph Kabila et Félix Tshisekedi suscite des réactions dans la classe politique congolaise. Lambert Mende, ancien ministre de la Communication, a notamment exprimé ses réserves, estimant que cette démarche ne relève pas du rôle de l’opposition.
Dans une déclaration ferme, il a rappelé la distinction entre les acteurs politiques et les structures chargées de faciliter le dialogue entre les différentes parties.
« Ils sont soit dans la majorité, soit dans l’opposition et je sais qu’ils sont dans l’opposition. En face de la majorité et de l’opposition, on a la médiation. Il y a les confessions religieuses, il y a l’Union africaine qui a désigné des médiateurs. On n’a pas besoin que l’opposition se métamorphose en médiateur », a-t-il déclaré.
Par cette prise de position, Lambert Mende remet en question la légitimité de l’opposition à endosser un rôle de médiation, estimant que cette mission doit être confiée aux acteurs et aux institutions déjà engagés dans cette démarche.
LA QUESTION SÉCURITAIRE AU CŒUR DES CRITIQUES
L’ancien ministre a également abordé la crise sécuritaire qui frappe la République démocratique du Congo, dénonçant ce qu’il considère comme une approche insuffisante de la question de la violence armée.
Selon lui, condamner la prise d’armes sans tenir suffisamment compte de la réalité vécue par les populations sur le terrain revient à passer à côté des enjeux fondamentaux de cette crise.
« On est là en plein quiproquo. Condamner la prise d’armes de manière aussi éloignée de la brutalité de la situation sur le terrain ne répond pas du tout à ce défi qui étreint les populations congolaises depuis trente ans. Parler des armes sans parler de ceux qui les détiennent, c’est devenir le complice de ces assassins », a-t-il ajouté.
À travers ces propos, Lambert Mende insiste sur la nécessité, selon lui, de prendre en compte les responsabilités des acteurs impliqués dans les violences armées, au-delà des déclarations générales condamnant le recours aux armes.
Cette sortie intervient dans un contexte où les initiatives de dialogue et de médiation continuent d’alimenter les débats politiques en RDC, sur fond de crise sécuritaire persistante dans l’Est du pays.
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