
Le débat autour du projet de loi de finances 2027 ravive les divergences entre le Premier ministre Ousmane Sonko et le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Les deux dirigeants, autrefois alliés dans leur combat politique, affichent des positions différentes sur les orientations économiques du pays, notamment sur les relations avec le Fonds monétaire international (FMI).
Lors d’une conférence de presse tenue le 19 octobre 2026, Ousmane Sonko a mis en garde contre une politique économique trop dépendante des exigences du FMI. Le président du parti Pastef défend une stratégie de rupture avec les pratiques antérieures et plaide pour une souveraineté économique accrue du Sénégal.
Cette prise de position intervient alors que le Parlement s’apprête à examiner le projet de budget 2027, présenté dans un contexte marqué par les engagements du gouvernement auprès de ses partenaires financiers internationaux. L’accord conclu avec le FMI le 1er septembre constitue ainsi un point de friction entre les différentes approches de la gestion économique du pays.
Au-delà des questions budgétaires, les désaccords entre les deux responsables concernent également la conduite des affaires publiques. Bassirou Diomaye Faye privilégie une approche axée sur la coopération avec les partenaires internationaux, tandis qu’Ousmane Sonko défend une ligne davantage centrée sur l’autonomie économique et la transformation des politiques publiques.
Les tensions se sont aussi manifestées autour de plusieurs dossiers politiques. Le refus du chef de l’État de soumettre les fonds de souveraineté de la présidence au vote parlementaire, ainsi que son soutien à la candidature de l’ancien président Macky Sall à l’Organisation des Nations unies, ont contribué à accentuer les divergences entre les deux anciens alliés.
L’examen du budget 2027 pourrait désormais devenir un test majeur pour leur relation politique. En contestant certaines orientations économiques de l’exécutif, Ousmane Sonko cherche à défendre les engagements de rupture portés par le Pastef, dont les militants attendent des changements concrets dans la gouvernance du pays.
Pour Bassirou Diomaye Faye, le défi consiste à préserver la stabilité financière du Sénégal tout en poursuivant ses engagements avec les partenaires internationaux. Cette confrontation autour du budget dépasse donc les simples arbitrages financiers et pose la question de la capacité des deux dirigeants à maintenir leur collaboration malgré leurs divergences sur l’avenir économique et politique du pays.
Marlaine kanku