
La Lutte pour le changement (LUCHA), section du Maniema, exprime sa profonde préoccupation face à l’aggravation de la crise politique et sécuritaire en République démocratique du Congo. Le mouvement citoyen estime que les récents développements politiques suscitent de nouvelles inquiétudes quant à l’avenir du pays, à la préservation de son unité et à la sécurité des populations.
Dans sa prise de position, la LUCHA rappelle que les Congolais continuent de subir les conséquences des conflits armés, de l’insécurité persistante et de la mauvaise gouvernance. Face à cette situation, elle appelle les différents acteurs politiques à assumer leurs responsabilités afin de préserver la paix et de privilégier des solutions démocratiques à la crise.
Selon ce mouvement citoyen, les origines de la crise actuelle remontent notamment à l’alternance politique controversée de 2019, impliquant l’ancien président Joseph Kabila et son successeur, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo. La LUCHA considère que les responsabilités des différents acteurs doivent être examinées afin de favoriser une sortie durable de la crise.
La LUCHA-Maniema condamne fermement, par ailleurs, l’engagement qu’elle attribue à Joseph Kabila dans une dynamique politico-militaire. Elle exige qu’il renonce à tout recours aux armes pour accéder au pouvoir ou influencer l’avenir politique du pays. Le mouvement rappelle également que son statut d’ancien président ne doit pas le soustraire à l’obligation de rendre compte de ses actes devant la justice, dans le respect des procédures légales.
À l’endroit du président Félix Tshisekedi, la LUCHA exige qu’il assume pleinement ses responsabilités constitutionnelles en matière de protection des populations et de sauvegarde de l’intégrité territoriale. Elle lui demande de rendre compte des mesures prises face aux menaces sécuritaires, de mobiliser les moyens de l’État en faveur du rétablissement de la paix et de renoncer à toute initiative de modification de la Constitution visant à prolonger son maintien au pouvoir.
Sur le plan sécuritaire, le mouvement citoyen réclame le respect immédiat et effectif du cessez-le-feu par toutes les parties impliquées dans les hostilités, conformément aux engagements pris dans le cadre des processus de paix en cours, notamment ceux de Doha et de Washington. Il appelle également à l’organisation d’un dialogue national véritablement inclusif, s’appuyant sur les démarches entreprises par la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et l’Église du Christ au Congo (ECC), notamment leur initiative de pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble, avec l’appui de l’Union africaine et des Nations unies.
Pour la LUCHA-Maniema, ce dialogue doit réunir les forces politiques, les mouvements citoyens et les différentes composantes de la société civile congolaise. Il devra s’attaquer aux causes profondes de la crise et déboucher sur des engagements précis, assortis d’un mécanisme indépendant de suivi. À travers ces recommandations, le mouvement citoyen plaide pour une solution pacifique et démocratique susceptible de restaurer la confiance, de consolider l’unité nationale et de garantir une paix durable en RDC.
Héritier Mutuza