
L’ancien ministre guinéen de la Défense, Mohamed Diané, a bénéficié d’une réduction de peine à l’issue de son procès en appel devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF). Toutefois, cette décision ne clôt pas la procédure judiciaire, le parquet spécial envisageant de contester l’arrêt devant la Cour de cassation.
La nouvelle décision ramène sa peine à quatre ans et huit mois de prison, contre cinq ans prononcés en première instance. Mohamed Diané est également condamné à payer une amende de trois milliards de francs guinéens et à verser 300 milliards de francs guinéens à l’État au titre des dommages et intérêts.
Le principal changement concerne l’accusation de détournement de deniers publics, écartée par les juges d’appel, qui ont estimé que les preuves présentées étaient insuffisantes pour établir cette infraction. En revanche, les condamnations pour enrichissement illicite et blanchiment de capitaux ont été maintenues.
Au cœur de cette affaire figure le patrimoine de Mohamed Diané, qui a dirigé le ministère de la Défense entre 2015 et 2021, sous la présidence d’Alpha Condé. Selon les juges, ses revenus officiels ne permettaient pas de justifier l’ensemble de ses biens. Son avocat, Me Sidiki Bérété, considère cette réduction de peine comme une évolution favorable et affirme que son client n’aurait plus qu’un mois et quinze jours de détention à purger.
De son côté, le procureur spécial près la CRIEF, Alphonse Charles Wright, entend saisir la Cour de cassation pour contester la décision. Cette démarche pourrait prolonger la procédure judiciaire visant l’ancien ministre, détenu depuis 2022, dans un contexte de poursuites financières engagées contre plusieurs personnalités de l’ancien régime guinéen.
Marlaine kanku