
La population de Kamuesha, dans la province du Kasaï, fait face à une hausse préoccupante du prix du maïs, principale denrée alimentaire de nombreux ménages. Au marché central, la mesurette locale communément appelée « Meka » est passée de 3.000 à 6.000 francs congolais, soit une augmentation de 100 %, selon des sources locales. Cette flambée des prix accentue les difficultés des familles à se procurer cette denrée essentielle.
Cette hausse importante suscite l’inquiétude des vendeuses et des acheteurs, qui disent constater une augmentation inhabituelle ces derniers mois. Le maïs occupant une place importante dans l’alimentation quotidienne des habitants, cette situation affecte particulièrement les ménages à faibles revenus, déjà confrontés à des difficultés pour couvrir leurs besoins alimentaires.
Parmi les facteurs avancés pour expliquer cette flambée figurent la rareté du maïs pendant la période de soudure, ainsi que les difficultés d’approvisionnement des marchés. La dégradation des routes de desserte agricole compliquerait notamment le transport des produits depuis les villages producteurs vers les centres de consommation, entraînant des coûts supplémentaires pour les commerçants.
À ces difficultés s’ajoutent des soupçons de spéculation commerciale évoqués par certains acteurs du marché. Toutefois, l’ampleur de ce phénomène et sa contribution à la hausse des prix restent à établir. En attendant, les consommateurs sont les premiers à subir les conséquences de cette situation, qui réduit leur pouvoir d’achat et complique davantage l’accès aux produits alimentaires de base.
Face à cette situation, les habitants de Kamuesha lancent un appel aux autorités provinciales afin qu’elles prennent des mesures urgentes pour stabiliser les prix et faciliter l’approvisionnement du marché. Ils souhaitent notamment une meilleure surveillance des pratiques commerciales ainsi que des initiatives visant à améliorer les conditions de transport des produits agricoles en provenance des zones de production.
En attendant une éventuelle amélioration de la situation et l’arrivée des prochaines récoltes, plusieurs ménages sont contraints de réduire leurs quantités de nourriture ou de se tourner vers des produits de substitution moins coûteux, notamment le manioc. Cette hausse du prix du maïs relance ainsi la question de la sécurité alimentaire dans le Kasaï et souligne la nécessité de mesures durables pour garantir l’accès des populations aux denrées de première nécessité.
Marlaine kanku