
Le dossier des huit bateaux de pêche acquis par la République démocratique du Congo continue de susciter la polémique au ministère de la Pêche.
Fabriqués à Damiette, en Égypte, les huit navires ont été acheminés à Boma à la mi-août 2025. Près d’un an après leur arrivée, ils n’auraient toujours pas été mis en service. L’opération aurait coûté environ 15 millions de dollars américains.
Intervenant le 14 septembre au Panel de redevabilité de la RTNC, le ministre de la Pêche, Jean-Pierre Tshimanga Buana, a évoqué plusieurs insuffisances dans la conception initiale du dossier d’appel d’offres. Il a notamment cité l’absence d’une chaîne de froid intégrée, le manque de dispositifs de pêche adaptés ainsi que l’absence d’un plan de maintenance.
Le ministre a également évoqué les particularités de la façade maritime congolaise, longue de seulement 42 kilomètres et caractérisée, selon lui, par un courant marin particulièrement puissant.
Face aux réactions suscitées par ces déclarations, le ministère de la Pêche a publié, le 16 septembre, une mise au point pour préciser que le ministre n’avait pas mis en cause directement son prédécesseur.
De son côté, Adrien Bokele Djema, ancien ministre de la Pêche et actuellement député, rejette les critiques formulées sur le processus d’acquisition. Il affirme que les spécifications techniques avaient été soumises au contrôle a priori de la Direction générale du contrôle des marchés publics (DGCMP) avant l’attribution des marchés aux chantiers navals internationaux.
L’ancien ministre dénonce ainsi une polémique qu’il considère comme politique, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles d’éventuels défauts de conception n’auraient été relevés qu’après la réception et la validation des équipements.
Pour tenter de sortir de l’impasse, le ministère de la Pêche indique avoir sollicité l’établissement YETU, avec l’appui du Fonds de promotion de l’industrie (FPI), afin d’adapter les navires et de permettre leur mise en service dans les meilleurs délais.
Le débat reste donc ouvert entre les deux camps, tandis que les huit bateaux demeurent à quai et que la question de leur opérationnalisation reste entière.
Rédaction