
Le débat sur les origines de la crise sécuritaire qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo continue de susciter de vives réactions dans la classe politique. Pour Lambert Mende Omalanga, député national et autorité morale de la CCU, il est temps de « ne pas falsifier l’histoire ».
Dans une déclaration particulièrement ferme, l’ancien ministre de la Communication rejette les accusations qui tendent à attribuer à Félix Tshisekedi la responsabilité d’une crise dont les racines remontent, selon lui, à plusieurs décennies avant l’arrivée de l’actuel président au pouvoir.
Lambert Mende rappelle notamment les événements de 1996, année marquée par l’offensive de l’Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo (AFDL) contre le régime de Mobutu Sese Seko. Il estime que le rôle joué à l’époque par le Rwanda de Paul Kagame dans cette séquence historique ne peut être occulté dans l’analyse de la situation actuelle.
Pour l’élu, le débat doit donc être replacé dans son contexte historique. « Prétendre que Tshisekedi est le problème de 1996, c’est mentir », soutient-il, considérant qu’il est incohérent d’attribuer au chef de l’État actuel l’origine d’un conflit dont les premières grandes manifestations remontent à 23 ans avant son accession à la magistrature suprême.
Un appel à replacer les responsabilités dans leur contexte
À travers cette sortie médiatique, Lambert Mende entend ainsi s’opposer à ce qu’il considère comme une lecture déformée de l’histoire récente de la RDC.
Son intervention intervient alors que les responsabilités dans la persistance de l’insécurité dans l’Est du pays font l’objet de nombreuses controverses politiques. Pour l’ancien ministre, l’analyse de la crise actuelle doit tenir compte de la succession des événements ayant marqué la région depuis les années 1990, plutôt que de concentrer l’ensemble des responsabilités sur le pouvoir actuel.
Une prise de position qui relance, une fois de plus, le débat sur les véritables origines de la crise sécuritaire congolaise et la responsabilité des différents acteurs impliqués au fil des décennies.
Marlaine KANKU