
La province de la Tshuapa est secouée par une crise politique impliquant le gouverneur Armand Yambe Itoko. Seize députés provinciaux sur les dix-huit que compte l’Assemblée provinciale ont réclamé son départ, dans une déclaration politique commune rendue publique dimanche soir à Boende. Cette prise de position marque un tournant dans les relations entre le chef de l’exécutif provincial et les élus qui soutenaient jusque-là son action.
Les députés concernés, issus de l’Union sacrée de la Nation, coalition politique qui avait porté Armand Yambe Itoko à la tête de la province, dénoncent plusieurs aspects de sa gouvernance. Ils reprochent notamment au gouverneur de multiplier les séjours à Kinshasa, au détriment, selon eux, de la gestion quotidienne des affaires provinciales. Ces absences présumées auraient contraint le vice-gouverneur à assurer régulièrement l’intérim, y compris dans des dossiers importants liés au fonctionnement des institutions.
Sur le plan financier, les signataires de la déclaration mettent en cause la gestion des ressources de la province. Ils évoquent une utilisation qu’ils jugent improductive des finances publiques ainsi que des soupçons de détournement des recettes de la Régie provinciale. La vente présumée du bateau M/B Tshuapa et la spoliation alléguée de biens appartenant à l’État figurent également parmi les griefs formulés contre le gouverneur. Ces accusations restent toutefois à établir et nécessitent des éclaircissements de la part des autorités concernées.
Par ailleurs, les députés frondeurs reprochent à Armand Yambe Itoko son absence de prise de position publique sur la situation sécuritaire nationale et l’agression dont la République démocratique du Congo affirme être victime. Pour ces élus, l’ensemble de ces griefs justifie une remise en question de la conduite des affaires provinciales. Ils appellent ainsi les autorités nationales, notamment le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et le vice-Premier ministre chargé de l’Intérieur, à intervenir dans ce dossier.
Convoqué ce lundi 26 octobre 2026 à 10 heures devant l’Assemblée provinciale pour présenter ses moyens de défense, le gouverneur Armand Yambe Itoko se trouvait, selon les informations communiquées, à Kinshasa. Aucune réaction officielle de sa part n’avait encore été signalée au moment de la rédaction de cet article. L’évolution de cette procédure institutionnelle devrait permettre de préciser les suites réservées aux accusations portées contre lui.
Cette crise ouvre une nouvelle période d’incertitude politique dans la province de la Tshuapa, où la majorité qui avait soutenu le gouverneur semble désormais profondément divisée. Les députés à l’origine de cette démarche réclament son départ et demandent l’implication des autorités nationales pour faire aboutir leur initiative, conformément aux textes en vigueur. La suite du dossier dépendra notamment de la procédure suivie par l’Assemblée provinciale et des éventuelles explications du gouverneur mis en cause.
Marlaine kanku